
-
"On va faire grandir notre sport", savoure Johnson avant le Grand Slam Track
-
Alstom veut accélérer sa production de trains à très grande vitesse
-
Refus de tournage à l'Acropole pour le réalisteur grec Lanthimos
-
Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile
-
Batteries: les usines françaises avancent malgré la défiance du secteur
-
Chikungunya à La Réunion: "Les semaines les plus délicates se profilent", dit Valls
-
"Je ne veux pas mourir": les séropositifs du Lesotho se tournent vers la médecine traditionnelle
-
L'UE ouvre une "nouvelle ère" dans ses relations avec l'Asie centrale
-
La Bourse de Paris recule toujours sous le coup des droits de douane américains
-
Première rencontre entre l'Indien Modi et le Bangladais Yunus
-
NBA: Steph Curry domine LeBron James dans le classique californien Warriors-Lakers
-
Droits de douane: "Nous faisons appel au patriotisme" des entreprises, lance le ministre français de l'Economie
-
F1/GP du Japon: la deuxième séance d'essais libres interrompue... à quatre reprises
-
L'IA arrive dans l'anime mais Hayao Miyazaki est irremplaçable selon le fils
-
Les climatosceptiques s'enthousiasment pour une étude...rédigée par l'IA d'Elon Musk
-
Champions Cup: Toulouse et Bordeaux en favoris des 8e, La Rochelle doit sauver sa saison
-
L1: Paris vers le sacre, Lyon-Lille vers la Ligue des champions
-
Ski: "un nouveau défi que je relèverai", réagit Brignone après sa grave blessure
-
Séisme en Birmanie: le chef de la junte critiqué en marge d'un sommet régional
-
Dans les cendres et les larmes, l'étrange mission de préservation d'une forêt thaïlandaise brûlée
-
Corée du Sud: Yoon Suk Yeol, de procureur star à président destitué
-
La Cour constitutionnelle de Corée du Sud destitue le président Yoon
-
Face à Moscou et Pékin, l'UE veut s'affirmer en Asie centrale
-
Destitution ou retour du président Yoon ? La Corée du Sud va connaître son avenir politique
-
L'émissaire spécial de Poutine rencontre à Washington des représentants de l'administration Trump
-
Euroligue: Paris frôle l'exploit face au Real Madrid (105-104)
-
Les marchés financiers chamboulés par l'offensive commerciale de Trump
-
Droits de douane: Wall Street en berne, pire séance pour le Nasdaq et le S&P 500 depuis 2020
-
Guerre commerciale: Macron présente un plan de riposte à la "brutale" décision de Trump
-
Droits de douane: les calculs de Trump médusent les économistes
-
Tom Cruise rend hommage à Val Kilmer, son rival de "Top Gun"
-
Euroligue: le Panathinaïkos et un grand Nunn éteignent Monaco
-
Droits de douane: le Lesotho, pays le plus touché, va envoyer une délégation aux Etats-Unis
-
Nouvelles frappes israéliennes sur la Syrie, malgré un avertissement de l'ONU
-
Face aux visées américaines, la Première ministre danoise réaffirme l'intégrité du Groenland
-
Le Canada impose des droits de douane de 25% sur des importations auto américaines
-
La Hongrie claque la porte de la CPI en pleine visite de Netanyahu
-
Guerre commerciale: Emmanuel Macron présente un plan de riposte à la "brutale" décision de Trump
-
L'usine chimique Vencorex sera fixée sur sa reprise le 10 avril
-
Bébé empoisonné avec du Destop: l'employée de crèche condamnée à 25 ans de prison
-
Droits de douane: la Bourse de Paris signe sa pire séance depuis 2023
-
Après les annonces de Trump, les marchés financiers chamboulés
-
Droits de douane: un calcul simple à l'origine des chiffres
-
Cyclisme: Pogacar sur Paris-Roubaix "pour ne rien regretter"
-
L'ONU accuse Israël de vouloir la "déstabiliser" la Syrie, après une incursion et des frappes meurtrières
-
Au tribunal, Bayer nie tout lien entre le glyphosate et le handicap d'un adolescent
-
Droits de douane: Wall Street s'enfonce face aux craintes économiques
-
Guerre commerciale: Emmanuel Macron dénonce une décision "brutale et infondée" de Trump
-
Rebaptisé Mandarin Oriental Lutetia, le palace Lutetia passe sous pavillon asiatique
-
Droits de douane: Wall Street chute à l'ouverture

Il y a 60 ans, le drame sanglant du métro Charonne à Paris
Le 8 février 1962, une manifestation pour la paix en Algérie se soldait par neuf morts au métro Charonne à Paris et devenait, peu avant la fin de la guerre d'Algérie, un symbole sanglant de la répression d'Etat.
Les jours précédents, une série d'attentats de l'OAS (Organisation armée secrète), opposée à l'indépendance de la colonie française, ont fait plusieurs blessés graves, dont l'un, visant André Malraux, a horriblement défiguré une fillette de 4 ans.
Les Français se sont pourtant déjà majoritairement prononcés pour l'autodétermination de l'Algérie et les accords d'Evian proclameront bientôt, le 18 mars, un cessez-le-feu ouvrant la voie à l'indépendance.
Le bref rassemblement pacifique prévu le 8 février Place de la Bastille, à l'appel du Parti communiste, du PSU, de la CGT et d'autres syndicats comme la CFTC, la FEN et l'Unef ainsi que des organisations de gauche, est interdit par le préfet Maurice Papon, sur fond d'état d'urgence en vigueur depuis avril 1961.
Mais les organisateurs appellent "les travailleurs et tous les antifascistes de la région parisienne à proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d'imposer la paix en Algérie".
Cing cortèges de manifestants partis de différentes stations du métro doivent rejoindre la Bastille pour écouter leur intervention, mais la police a ordre de disperser coûte que coûte les rassemblements.
Nombre y parviennent toutefois, malgré des heurts déjà violents avec les forces de l'ordre, et un texte est lu. Mais c'est au retour que le drame éclatera.
- "Pourquoi pas moi ?" -
Boulevard Voltaire, des heurts entre les CRS qui chargent, "matraques en avant", et "les manifestants qui s'étaient coiffés de cageots à légumes pour se protéger la tête" et "jettent des pierres et des pavés", ont fait plusieurs blessés, écrit à l'époque l'AFP.
Des manifestants cherchant à fuir une charge policière s'engouffrent dans le métro Charonne.
Une bousculade meurtrière s'ensuit, des policiers poursuivent les manifestants pour les frapper, d'autres jettent vers ceux qui tentent de ressortir les lourdes grilles qui entourent les arbres.
Des personnes bloqués par les portillons d'accès aux quais sont étouffées sous la pression, d'autres meurent le crâne fracassé sous les coups. On relèvera huit morts, dont trois femmes et un apprenti de 15 ans. Un homme mourra huit semaines plus tard de ses blessures. Tous sont syndiqués à la CGT et membres du PC, à l'exception d'une victime.
"La précipitation dans le métro, les portillons fermés, puis le grand trou noir": Jacqueline Guichard, alors jeune employée des chèques postaux, adhérente à la CGT et au PC, a évoqué en 2002 cette terrible fin de journée.
"Nous sommes parties à 7 ou 8 copines", a-t-elle raconté. Parmi elles, Anne-Claude Godeau, 24 ans, qui n'en reviendra pas.
"On défilait depuis un moment, la nuit tombait, on criait +Paix en Algérie+. C'était revendicatif, mais sans plus. A Charonne, la tête de la manif nous a donné l'ordre de nous disperser. Et puis, ça a commencé", poursuit Mme Guichard. "Subitement, la police avec casques et matraques a chargé" et la foule s'est engouffrée dans le métro: "Pourquoi on est entré dans ce métro ? Je ne saurai jamais. Pourquoi Anne-Claude a pris des coups ? Pourquoi pas moi ? Je ne le saurai pas non plus."
- "Le comble de l'absurde" -
A l'avant, Jacqueline perd de vue ses camarades et se retrouve coincée contre les portillons. En haut, de premières victimes tombent. Elle parvient, hagarde, à rentrer chez elle vers 21h00 : "J'ai compris le désastre en écoutant la radio...".
Pour l'historien Pierre Vidal-Naquet, disparu en 2006, "c'est le comble de l'absurde. On a du mal à comprendre cette violence de la police alors que le gouvernement est en pleine négociation avec les représentants algériens pour un accord de paix signé un mois plus tard. Et pourtant ce fut une répression d'Etat", déclarait-il 40 ans après la tragédie.
"Sans doute de Gaulle voulait-il montrer que son autorité était intacte".
Il n'avait pas non plus "intérêt à ce que le Parti communiste fasse démonstration de sa force", analysera l'historien Olivier Le Cour Grandmaison.
Ce "massacre d'Etat", selon l'historien Alain Dewerpe, sera suivi le 13 février du rassemblement de 100.000 à 200.000 personnes pour les obsèques des victimes.
Il occultera longtemps dans la mémoire collective un autre drame sanglant, celui de la répression policière de la manifestation du 17 octobre 1961 au cours de laquelle plusieurs dizaines d'Algériens protestant à l'appel de la fédération de France du FLN contre le couvre-feu décrété par le même Maurice Papon trouvèrent la mort à Paris.
Une occultation que l'historien Gilles Manceron explique notamment par le silence imposé par les autorités françaises autour du massacre de 1961 et une mobilisation moindre de la gauche française, qui n'en était pas l'organisatrice.
A.Anderson--AT